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Formation habilitation électrique en présentiel enrichi : personnaliser les parcours des apprenants en fonction de leur besoin

A la UneAvis d'expert08/04/2021
Grâce aux technologies immersives, telles que la réalité virtuelle, les stagiaires peuvent s’entraîner et manipuler des équipements rares ou dangereux, sans prendre le moindre risque.  Jeux, serious game, visite 360, réalité virtuelle,… sont les outils intégrés aux formations pour leur permettre d’être véritablement immergés, de manière très réaliste et adaptée à leurs besoins.
Photo de Jean-Marie Delplace, expert Apave

Jean-Marie Delplace

3 questions à Jean-Marie Delplace, Chef de projet au sein du Département Ingénierie et Innovations pédagogiques chez Apave.


Spécialiste de la formation professionnelle depuis 1991, et lui-même formateur de formateurs, Jean-Marie Delplace est chargé chez Apave depuis plus de 12 ans de la définition et du développement des produits formation ainsi que de l’intégration des outils numériques des formations pour enrichir les formations en «présentiel». 

Le point sur l'habilitation électrique 
avec Jean-Marie DELPLACE

Les formations habilitation électrique représentent près du tiers de l’activité formation d’Apave. C’est énorme, comment expliquez-vous un tel succès ?

Oui, sur les 350 000 stagiaires formés chaque année par Apave, 90 000 personnes le sont sur les habilitations électriques.  Cela les place en tête du TOP 10 de nos formations. Plusieurs facteurs expliquent ce succès. Tout d’abord, il y a une dimension historique : notre première formation en vue d’obtenir une habilitation électrique a presque 50 ans. Nous avons été dans les premiers à dispenser cette formation et nous avons une très forte légitimité historique sur le sujet. Nous nous sommes adaptés au fil des années pour délivrer des formations de qualité avec des formateurs Apave qui sont aussi des praticiens. Et le bouche à oreille a fait son œuvre. 

 

Ensuite, l’habilitation électrique concerne tout salarié, quel que soit son métier amené à intervenir sur des installations électriques, ou à proximité de telles installations. Rappelons que si ces formations visent à prévenir le risque électrique dans le cadre des activités professionnelles où ce risque est présent, elles permettent de respecter les prescriptions de sécurité de la norme NF C18-510, recommandée par le code du travail. Toutes les organisations sont concernées.

 

L’autre point important, ce sont nos ressources en la matière. Aujourd’hui nous avons 500 formateurs dédiés dans nos 170 centres, c’est absolument unique et nous pouvons former dans toute la France en couvrant tous les niveaux d’habilitation. Aussi bien les formations pour les salariés d’une entreprise de nettoyage par exemple qui vont intervenir à proximité d’une installation électrique jusqu’aux formations les plus complexes pour des habilitations haute tension et les habitations pour réaliser des travaux sous tension.

 

Enfin, rappelons un point démographique qui n’est pas neutre. La population française est passée de 52 millions de personnes en 1970 à près de 67 millions aujourd’hui. Il y a naturellement plus d’entreprises, d’installations électriques et donc de professionnels concernés. 

 

Concrètement, que représente le risque électrique en France aujourd’hui ?

Notre réglementation est solide et son évolution dans le temps va vers des exigences de plus en plus en forte pour notamment réduire le nombre d’accidents. C’est une bonne chose. A aujourd’hui, les accidents du travail d’origine électrique sont relativement peu nombreux, 0,1% de l’ensemble des accidents du travail.

 

Toutefois, en valeur absolue, cela a représenté 660 accidents entre 2014 et 2018 et ils sont globalement plus graves que la moyenne puisque 0,43 % des accidents d’origine électrique sont mortels, contre 0,8 % pour tous les autres accidents du travail. La dangerosité potentielle est donc importante et l’enjeu de maîtrise de ces risques reste très fort.  

 

Plus globalement, pour les organisations, le risque électrique doit s’appréhender de façon globale. La prévention des risques électriques repose à la fois sur la mise en sécurité des installations et des matériels électriques et sur le respect des règles de sécurité lors de leur utilisation ou de l’intervention sur ou à proximité des installations électriques. Alors bien sûr, le respect par les entreprises des contrôles électriques et la réalisation des formations aux habilitations qui sont obligatoires sont deux piliers fondamentaux, mais il est aussi important de développer une culture sécurité auprès de l’ensemble des collaborateurs pour entrer dans une démarche préventive. Et puis faire attention à ce qui peut sembler être des détails. Par exemple, si un seul collaborateur est formé à l’habilitation électrique, qui peut intervenir dans une organisation pour réaliser un simple dépannage quand il est absent ? Saviez-vous par exemple que sans habilitation, un salarié n’a simplement pas le droit de changer une simple ampoule ? Il y a de bonnes raisons à cela. Ça peut sembler anodin, mais ça ne l’est pas et former deux personnes sur un même site est tout à fait pertinent. La culture sécurité est heureusement de plus en forte dans les entreprises, tout particulièrement dans le secteur industriel où nous comptons de nombreux clients.

 

Vous proposez aujourd’hui des formations habilitation électrique en présentiel enrichi, c’est-à-dire ?

Il s’agit d’utiliser les nouvelles technologies pour les mettre au service des objectifs pédagogiques, dans l’intérêt de nos stagiaires et entreprises clientes. C’est une démarche qui vient de loin et qui a consisté à revoir l’ensemble de notre approche pédagogique pour passer d’une logique de transmission simple à une logique double de connaissance et d’apprentissage par l’expérience, par le faire. « Learning by doing » disent nos collègues anglo-saxons. Les travaux récents en neuroscience montrent en effet que les acquis pédagogiques sont beaucoup plus importants dans l’apprentissage par l’action. Nous avons donc mené ces réflexions sur les différentes activités pédagogiques mais également sur la diversification des outils pour être en capacité de nous adapter à chaque typologie d’apprenants. On ne peut agir de la même façon avec un électricien qui va travailler sur de la haute tension et le collaborateur d’une entreprise de nettoyage. Les objectifs pédagogiques ne sont pas les mêmes, les enjeux sont différents. Les outils que nous avons intégrés à nos formations, qu’il s’agisse de jeux, de visite 360 ou de réalité virtuelle, nous permettent de véritablement personnaliser les parcours des stagiaires au service d’objectifs pédagogiques précis.  

 

Si le lien entre le formateur et l’apprenant associé au présentiel demeurent indispensables, les technologies immersives telles que la réalité virtuelle représentent un atout précieux pour certaines formations. Avec la réalité virtuelle, nous reproduisons fidèlement des installations électriques qui fonctionnent de manière très réaliste, les stagiaires peuvent les manipuler, nous pouvons contrôler la difficulté des opérations, enregistrer chaque séquence, mesurer très finement les progrès. Les technologies immersives permettent en outre de s’entraîner sur des équipements rares ou dangereux sans évidemment prendre le moindre risque réel. Par le jeu des émotions induit par ces simulations et par la répétition de gestes professionnels, les apprentissages sont ancrés beaucoup plus profondément. Nos formateurs sont bien présents et peuvent se concentrer sur la noblesse de ce métier, accompagner chaque stagiaire dans son apprentissage. Aujourd’hui, à travers les retours positifs que nous enregistrons, je peux dire que nos formations en présentiel enrichi sont encore plus efficientes qu’avant. Elles répondent aux attentes des stagiaires mais aussi des directions des ressources humaines et des entreprises d’une façon générale qui recherchent l’efficacité.


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